Besoin de trésorerie : Comment le détecter ?

Près de 57 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en France en 2016. La principale cause ? Les difficultés de trésorerie. Bien que ce chiffre soit en régression par rapport aux années précédentes, il est important que les entrepreneurs sachent suivre de près et anticiper l’évolution de leurs besoins de trésorerie. Par ailleurs, il est possible de faire appel à un professionnel, comme un courtier ou un expert-comptable, pour pouvoir mettre en place des solutions adéquates face à ce fléau.

 

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Besoin de trésorerie : définition


Un besoin de trésorerie se traduit par une situation dans laquelle une entreprise ne dispose plus d’assez de liquidités (avoirs et crédits), en caisse ou en banque, pour payer ses débiteurs, fournisseurs ou salariés aux dates prévues.

Autrement dit, les soldes de caisse, de comptes bancaires et chèques postaux de l’entreprise sont négatifs. Ou tout simplement, son compte de trésorerie est débiteur.

 

Comment se crée un besoin de trésorerie ?


L’évolution du besoin de trésorerie révèle l’état de santé d’une entreprise. Et les origines d’un manque de trésorerie peuvent être nombreuses.

 

Il y a les causes structurelles

  • Insuffisance de fonds de roulement (haut du bilan) due à un investissement excessif ou un faible capital social. À titre de rappel, le fonds de roulement s’obtient par la différence entre les ressources stables et les emplois durables.
  • Mauvais financement du besoin en fonds de roulement (bas du bilan) : augmentation des stocks, retard de paiement ou allongement de crédits consentis aux clients, raccourcissement des délais fournisseurs, endettement global excessif, etc.
  • Charges trop importantes : salaires, loyers...

 

Et les causes conjoncturelles

Généralement dues à un environnement économique défavorable tel que :

  • Augmentation d’activité avec insuffisance de marge commerciale
  • Défaillance de paiement du client entrainant un manque d’encaissement
  • Annulation de commandes entrainant un gonflement accidentel de stocks
  • Variation saisonnière de l’activité, notamment pour les industries alimentaires ou industries de matériels de ski...
  • Diverses circonstances comme les crises, grèves, conflits sociaux... entrainant diverses difficultés financières.


Il faut noter que les problèmes structurels sont, en principe, étroitement liés à une question organisationnelle (absence d’un service de trésorerie...) ou une mauvaise gestion. Les problèmes conjoncturels, quant à eux, sont souvent difficiles à anticiper et à remédier.

 

Comment reconnaitre un besoin de trésorerie ?


Un besoin de trésorerie se détecte via la structure du bilan. Ainsi, il convient d’analyser, seul ou avec un expert-comptable, si les fonds propres ou dettes à long terme de l’entreprise permettent ou non de financer l’exploitation. Sont à prendre en compte :

  • les dates d’échéances d’encaissements ou de décaissements
  • la durée de rotation de stocks
  • les dettes à long terme
  • le chiffre d’affaires (au compte de résultat)

Dans la pratique, la tenue d’un tableau de bord est le meilleur moyen de reconnaitre la survenance d’un besoin de trésorerie.

À titre de rappel, le tableau de bord de gestion est un outil qui permet de suivre l’évaluation de l’entreprise grâce à des indicateurs de performance. Il récapitule les mouvements quotidiens de l’entreprise pour que le gérant puisse piloter l’entreprise, prévenir les difficultés et corriger les éventuelles erreurs.

En fonction de l’activité, le tableau de bord peut comprendre des indicateurs économiques (chiffres d’affaires par client, marge commerciale...), des indicateurs physiques (délai de livraison, satisfaction des clients...), des indicateurs humains (performance des salariés, productivité...) ou des indicateurs de suivi de projet.

 

Les manières de prévoir un besoin de trésorerie


Tout entrepreneur doit savoir qu’une entreprise peut être en cessation de paiement en ayant une activité rentable. Souvent, la plupart des chefs d’entreprise se réjouissent en voyant leurs chiffres d’affaires gonflés alors que leurs activités ne sont pas du tout rentables. En effet, les recettes et les dépenses peuvent être équilibrées sur une ou deux années. Mais, plus tard, des pics considérables peuvent survenir et mettre en péril l’activité.

 

Établir un plan de trésorerie prévisionnel

Le premier moyen d’anticiper un besoin de trésorerie est d’établir un plan de trésorerie prévisionnel. C’est un tableau qui reprend tous les encaissements (chiffre d’affaires prévisionnel, apport en capital...) et décaissements (loyer, investissements, achat...) de l’entreprise en un mois, afin de prévoir le solde de trésorerie à chaque fin de période à venir.

Pour qu’il soit efficace, les données doivent être mises à jour et l’incidence de la TVA doit être prise en compte. Afin d’éviter les mauvaises surprises, les besoins en fonds de roulement ne doivent pas être sous-évalués. Mieux vaut établir des prévisions pessimistes qu’optimistes.

Ainsi, à la fin du mois, si le plan de trésorerie se retrouve avec un solde négatif, l’entreprise est à découvert. En revanche, si le solde est positif, l’entreprise possède des liquidités. Mais, si le solde est nul, l’entreprise ne dispose pas de liquidités, et n’en doit pas non plus.

 

Anticiper les décalages de paiement

Le second moyen d’anticiper un besoin de trésorerie est d’agir sur les clients et les fournisseurs.

D’abord, l’entreprise doit connaitre à l’avance ses clients, notamment, leur solvabilité et leur situation financière. En dépend en effet la variation du chiffre d’affaires. Pour cela, n’hésitez pas à relancer des rappels sur la date d’échéance. Demandez un acompte à la commande. Ou essayez de réduire les délais de règlements s’ils sont trop importants. Ensuite, pour anticiper un besoin de trésorerie, l’entreprise doit également essayer d’obtenir des fournisseurs des délais de règlement plus longs.

 

S’entourer de professionnels en gestion

Travailler avec un expert-comptable et un courtier constitue le troisième moyen d’anticiper des difficultés de trésorerie. Un expert-comptable, lui, peut aider à établir le plan de trésorerie, et identifier les situations potentiellement à risque à l’aide d’autres outils de gestion. Le courtier, quant à lui, est en mesure d’apporter des solutions adaptées en fonction des raisons de découvert ou de la nature de l’activité. Ce dernier pourra aussi mettre en place une facilité de caisse à titre préventif ou ouvrir une ligne d’escompte, si jamais.

 

Besoin de trésorerie : comment le financer ?

 

 

Si le manque de trésorerie est ponctuel, la banque peut le financer par une facilité de caisse. Dans le cas où le besoin de l’entreprise est récurrent, la banque propose des financements spécifiques comme l’escompte de traites ou encore le découvert autorisé. Toutefois, il y a également d’autres solutions de financement de besoin de trésorerie comme l’affacturage ou la Loi Dailly.

 

La facilité de caisse

Un mode de financement à court terme, la facilité de caisse est un crédit de trésorerie proposé par banque afin de gérer de façon plus souple ses gains différés et dépenses immédiates. En général, la durée d’utilisation est de quelques jours (15 jours au maximum) par mois. Un plafond est fixé par la banque, se basant sur les besoins d’exploitation de l’entreprise. En bénéficiant d’une facilité de caisse, l’entreprise paie en contrepartie des agios calculés sur le montant avancé et la durée de l’avance.

 

L’escompte

Pour bénéficier d’un escompte, l’entreprise doit présenter à la banque une preuve de créance : une traite ou un effet de commerce à échoir (Lettre Change Relevé ou Billet à Ordre Relevé). Celle-ci doit être signée et acceptée par le tiré (ou le débiteur). C’est alors que l’établissement bancaire avance le montant correspondant à la traite moyennant le paiement d’intérêts bancaires. Pour se rembourser, la banque attend le paiement de la traite à son échéance.

 

Le découvert autorisé

Lorsque le décalage se répète (plus d’un mois consécutif de solde débiteur), l’entreprise peut avoir recours à un découvert avec un maximum autorisé. Cela dit, l’entreprise peut continuer à utiliser son compte même si le solde est négatif. Ainsi, le découvert autorisé peut prendre la forme d’un contrat de service, inclue ou séparé dans la convention du compte. Le montant maximum accepté par la banque ainsi que la durée du découvert y sont inscrits. Tout comme la facilité de caisse, le découvert bancaire engendre aussi des frais : des agios et des taux de découvert variables selon les établissements.

 

L’affacturage

En optant pour l’affacturage, l’entreprise en difficulté de trésorerie doit transmettre ses créances commerciales à une société de factoring ou factor. Les deux parties sont alors liées par ce qu’on appelle contrat d’affacturage. Le recouvrement de la facture est ainsi du ressort du factor, parce qu’il a acheté les créances. En guise de rémunération, le factor prélève sur le montant de la facture une commission de financement, une commission d’affacturage et éventuellement un fonds de garantie.

 

La Loi Dailly

Cette technique de financement permet à toutes entreprises de mobiliser la partie de son poste client sans qu’il soit représenté par des effets de commerce. Ainsi, l’entreprise peut bénéficier de crédit en contrepartie de la production de factures représentatives de créances sur ses clients (secteur public, parapublic, etc.). D’abord, l’entreprise et la banque signent une convention définissant les modalités de la procédure (mobilisation, utilisation, recouvrement de créances...). Ensuite, l’entreprise remet à la banque un « bordereau de cession » reprenant une partie ou la totalité des créances professionnelles. La banque crédite le compte de l’entreprise, et prélève ses agios en fin de trimestre.

 

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