Le secteur de la discothèque est confronté depuis plusieurs années à des difficultés de plusieurs ordres. Les pouvoirs publics luttent contre le tabac, la consommation excessive d’alcool, et les nuisances sonores. D’autre part, la clientèle des discothèques est essentiellement constituée de jeunes : 70% de moins de 25 ans.

Or les jeunes sont de plus en plus attirés vers d’autres types de sorties : soirées organisées sur le Net, fêtes d’étudiants par exemple. Ceci a pour conséquence les nombreuses fermetures d’établissement.

En 2001 subsistaient 2 500 établissements en France. Bien entendu la profession s’organise pour retrouver un nouvel élan. La tendance est au développement d’établissements multi-salles pouvant offrir une palette susceptible de plaire au plus grand nombre. De même afin d’attirer une clientèle de début de soirée ces lieux s’enrichissent de bars d’ambiance ou de lieux de restauration. Les animations, les soirées à thèmes, les invités de prestige sont d’autres méthodes utilisées dans ces véritables espaces de divertissement. Mais alors que les investissements sont coûteux, les établissements doivent maintenir des prix raisonnables afin de ne pas décourager leur clientèle. En période de crise, celle-ci réduit la part des loisirs dans ses dépenses. Les marges et la rentabilité sont donc rognées. 

Le marché des discothèques en France

La tendance est de proposer en périphérie des villes de véritables complexes de sortie en collaboration avec d’autres établissements de loisirs connexes : bars, bowlings, cinémas, salle de jeux. Le recours à la communication via les réseaux sociaux, SMS, internet, email,  est indispensable compte tenu de la clientèle visée.

Les discothèques d’une capacité d’accueil de plus de 1 000 personnes sont à la pointe de cette tendance. Peu nombreuses elles attirent leur clientèle dans un rayon de 200 km alentour.

Les discothèques de taille moyenne, de 200 à 1 000 personnes, doivent proposer plusieurs types d’ambiance pour séduire davantage de clients. Elles disposent en général de plusieurs salles.

Les discothèques de petite taille visent une clientèle différente. Leur activité dépend souvent de la saison.

Les contraintes

La licence IV est indispensable pour ce type d’établissement. Celle-ci doit donc être achetée à un titulaire actuel puisque l’administration ne délivre pas de nouvelle licence de ce type. La diffusion de musique est soumise à l’obtention d’un contrat avec la SACEM, et à une déclaration auprès de la SPRE. La législation contre les nuisances sonores impose une étude acoustique et une certification des valeurs d’isolement acoustique. Enfin, l’autorisation d’ouverture de nuit s’obtient auprès de la Préfecture.

Les discothèques doivent acquitter une redevance au titre des droits d’auteurs, proportionnelle à leur chiffre d’affaires, auprès de la SACEM (8% du CA HT) et de la SPRE (1,65% du CA HT, consommations et restauration incluses.). Les établissements dont les recettes annuelles sont inférieures à 153 K€ paient un forfait déterminé en fonction du nombre de jours ouvrés et de la capacité d'accueil.

Les spectacles quant à eux, doivent être déclarés au préalable à la préfecture avec un mois d’avance, si la discothèque reste dans la limite de 6 spectacles par an. Une licence d’entrepreneurs de spectacle sera indispensable au-delà de cette limite.

Le statut des entreprises exploitant une discothèque

Le professionnel a le statut d’artisan. Comme pour la plupart des activités, il sera possible de l’exercer à titre d’entrepreneur individuel ou en créant une société. L’imposition suit le régime des bénéfices industriels et commerciaux s'il est entrepreneur individuel. Il est soumis à l’impôt sur les sociétés s’il a créé une société, ou inclut les revenus de son activité dans sa déclaration d’impôts sur les revenus s’il a opté pour l’auto-entreprise. Cependant, la plupart des établissements sont exploités sous la forme de société. La TVA est de 19,6%.

Les caractéristiques

Le professionnel doit absolument organiser un accueil et un service irréprochable. Il doit être en phase avec les attentes de la clientèle et s’assurer qu’il propose la meilleure animation possible. Le choix du disc-jockey et la gestion du personnel chargé du service et de la sécurité sont primordiaux. Le professionnel doit être à l’aise dans le monde de la musique et du divertissement.
Bien que les fermetures soient très nombreuses, on assiste parallèlement à l’ouverture de nouveaux établissements. Ceux-ci sont en général multi-salles avec des capacités d’accueil supérieures à 1 000 personnes.
En matière d’investissements, les postes principaux sont le matériel de sonorisation, d’éclairage et les aménagements. Ces points sont essentiels, car les établissements doivent impérativement attirer une clientèle très variée. Cet impératif conduit certains établissements à s’endetter lourdement.
Enfin, la valeur du fonds dépend du niveau de fréquentation. Or celui-ci est fonction des effets de mode et du bouche à oreille ce qui le rend particulièrement aléatoire. Dans ce domaine la prudence est donc requise.

La gestion d'une discothèque

Le chiffre d’affaires comporte deux postes : les entrées payantes ainsi que les consommations. Il est important de suivre ces deux indicateurs. Les discothèques proposent très souvent des billets d’entrée gratuits de ce fait le taux de fréquentation réel n’est pas un chiffre fiable. L’analyse des consommations est donc indispensable.

L’activité d’une discothèque se concentre sur 2 soirées : vendredi et samedi. Les boissons constituent la ressource la plus importante en chiffre d’affaires. Dans certaines discothèques importantes, l’activité de restauration peut dégager un apport substantiel.

Le poste de charge le plus important est constitué par les frais du personnel, suivi des loyers.
Au final pour réaliser de bons résultats, il faut stabiliser et développer le chiffre d’affaires. Les coûts en personnel doivent également être strictement contrôlés. Chaque emploi doit donc être justifié. De plus, le pouvoir d’achat de la clientèle jeune conduit à des marges réduites. La rentabilité n’est possible qu’au prix d’une gestion rigoureuse.

Il ne peut y avoir de difficultés de trésorerie puisque les clients paient au comptant et que les fournisseurs accordent des délais. Cette trésorerie positive doit être utilisée à bon escient et ne doit pas servir aux investissements à moyen ou long terme.

Les ratios moyen d'une discothèque

Les ratios de gestion clefs
Chiffre d’affaires moyen 211 K€
Marge brute (en % du CA) 89,30 %
Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 21,30 %
Rotation des stocks (en jours de CA) 0
Crédit clients (en jours de CA) 7 J
Crédit fournisseurs (en jours de CA) 47
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) 33
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006)

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