Les médecins généralistes bénéficient depuis plusieurs années d'une évolution favorable de leur activité. Différents facteurs peuvent expliquer ces résultats.
En premier lieu, le taux de mortalité en régression est une évolution structurelle qui dynamise le secteur de la santé. D'autant que les seniors, à eux seuls, représentent 60 % des dépenses totales de soins. À ce phénomène démographique s'ajoute également l'augmentation du taux de natalité.
La progression de l'hospitalisation à domicile est également favorable à la progression de l'activité des médecins qui peuvent ainsi ajouter conjuguer les actes effectués en milieu hospitalier avec ceux accomplis au domicile de leurs patients.
Malgré les efforts des pouvoirs publics pour la réduction des dépenses médicales, celles-ci ne cessent de progresser. Les patients doivent supporter une part de plus en plus importante des leurs dépenses.
Au final, seul le volume des départs à la retraite et la rigueur du numerus clausus limite la progression de l'activité. Ceci entraîne d'ailleurs la raréfaction de la profession médicale dans certaines régions peu attractives.

Comment est organisé le marché des médecins généralistes en France ?

Alors que la demande en soins progresse, les effectifs des médecins s’amenuisent de plus en plus. Le constat est assez surprenant d’autant que certaines régions offrent des perspectives de carrière très intéressantes. Côté honoraires, l’Assurance maladie classifie les médecins en 2 catégories.

  • Dans la première, les médecins généralistes appliquent les tarifs de l'Assurance maladie. Le prix de la consultation a été porté à 23 euros en 2011.
  • Dans la deuxième, les tarifs sont libres, mais la sécurité sociale ne rembourse que la part correspondante au tarif de la catégorie 1. Elle ne prend pas en charge les dépassements qui sont donc supportés par les patients eux-mêmes.

Devenir médecin généraliste : les contraintes

Les études de médecine sont longues. Les professionnels obtiennent leur diplôme au bout de 9 ans. Une partie de la formation se fait en tant qu'interne dans un CHU, centre hospitalier universitaire. Les généralistes ont une fonction cruciale pour la coordination des soins. Dans la plupart des cas, la réglementation impose de consulter un généraliste avant de s'adresser à un spécialiste. La sécurité sociale recommande le choix d'un médecin traitement.

Le généraliste doit se montrer très à l'écoute de ses patients, et gagner leur confiance pour mieux les conseiller et les accompagner dans leur parcours de soins. C'est souvent le médecin de toute la famille. Il est souvent amené au cours de sa carrière à s’adapter aux évolutions des traitements médicaux.

Pour s'installer après l'obtention de son diplôme, le médecin généraliste s'inscrit à l'Ordre des médecins de son lieu d'exercice. Il doit aussi s'enregistrer à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, ainsi qu'au Tribunal de grande instance.

Les médecins qui souhaitent exercer à leur domicile en demandent l'autorisation à la mairie. Cette demande se fait à la préfecture pour ceux qui résident à Paris.
La loi impose aux médecins de prêter serment. Ce serment d'Hippocrate, et les règles relatives au secret professionnel et à la déontologie de la profession sont rappelés dans un décret de septembre 1995.

Les médecins doivent être couverts par une assurance professionnelle. Ils doivent être immatriculés auprès de la Caisse primaire d'assurance maladie et opter pour le secteur 1 conventionné ou 2 dont les tarifs sont libres. Pour ces deux secteurs, l'Assurance maladie a un pouvoir discrétionnaire pour fixer la rémunération de leurs actes. En vue d’harmoniser leurs activités et mutualiser leurs moyens, les médecins sont autorisés à se regrouper en association.

La gestion

Le secteur ne comporte pas de risques majeurs, toutefois le professionnel doit savoir gérer rigoureusement son activité. Il doit en effet effectuer de nombreux actes qui font l'objet de remboursement par les organismes de sécurité sociale, les mutuelles ou d'autres types de complémentaire santé. Il va donc suivre tous les actes et les répartir en fonction de leur lettrage. Les visites des patients à son cabinet portent la lettre C, les visites qu'il effectue à domicile portent la lettre V.

L'essentiel des honoraires est représenté par les actes réalisés. De nombreux médecins ont également une activité de salarié dans un établissement de soins, souvent sous forme de consultation dans des hôpitaux. Les salaires perçus sont un complément de revenus. Cette activité étant limitée, les sommes perçues constituent un faible pourcentage de leur revenu total.

S'agissant des médecins du secteur 1, leurs tarifs sont ceux fixés par l'Assurance maladie. Ils ne sont donc pas maîtres de la rentabilité. Par contre, les médecins assujettis au régime du deuxième secteur ont toute latitude pour fixer leurs honoraires. Le taux de rentabilité est meilleur.

Les charges liées à la profession sont peu nombreuses. Elles se limitent aux  cotisations sociales du professionnel. Les loyers dépendent de l'emplacement et de la superficie du cabinet.

Pour réussir, le médecin généraliste doit réaliser un nombre d'actes minimal. Une fourchette moyenne de 6 000 à 7 000 actes par an permet d'obtenir un revenu excellent. Les praticiens du secteur 2 qui pratiquent des tarifications supérieures arrivent rapidement à de très bons résultats.

Lors de son installation, le professionnel va devoir disposer au moins de l’équivalent de trois mois de chiffre d'affaires compte tenu des délais assez longs des remboursements de l’assurance maladie. Cette somme correspond à environ 23 000 €. En fonctionnement courant ce besoin diminuera de deux tiers.

Rachat de patientèle : à quel prix ?

La patientèle d'un médecin généraliste peut être évaluée entre 25 % et 50 % des honoraires annuels moyens, la moyenne étant calculée sur les 3 dernières années.

Obtenir un prêt professionnel pour financer une patientèle ou du matériel

Dans un contexte tout à fait favorable, les médecins généralistes peuvent organiser leur activité avec souplesse. Les régions peu couvertes leur offrent même de très belles opportunités.

La plupart des nouveaux médecins s'installent en créant leur cabinet. La seule réelle difficulté est de se constituer une clientèle. Ceci est en effet un processus long.

En cas de reprise d'un cabinet, il est indispensable de se faire accompagner par le cédant pendant un délai suffisant pour gagner la confiance de la clientèle. Cette confiance est cruciale pour éviter une perte trop importante de clients.

Dans ce secteur, hormis la patientèle, les investissements sont très réduits. Ils sont estimés à environ 15 000 €. Un véhicule peut être nécessaire pour les déplacements.

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