Le chiffre global du secteur toutes activités confondues s'élève à 6,119 milliards en 2009. Le secteur est victime d’une baisse de fréquentation qui depuis plusieurs années ne cesse de croître. Cette désaffection trouve plusieurs causes. Les marchés se tiennent très souvent à des horaires peu compatibles avec les contraintes des ménages. Les grandes surfaces et de façon plus générale les chaines de commerce au détail captent l'essentiel de la clientèle avec des offres très complètes, des prix attractifs et des horaires plus larges. L'essor et l’hégémonie de la grande distribution et des hard discounters sont une menace pour les marchés. Enfin, la période de crise réduit le budget des dépenses alimentaires des consommateurs. Dans ce contexte très difficile, le nombre de défaillances est significatif. Il était, tous segments confondus de 542 en 2010. Quant aux taux de survie au-delà des 5 premières années, il est de 37,5% pour les commerces alimentaires et de 41,2% pour les autres. Toutefois, les autorités locales et les responsables municipaux sont conscients de l'intérêt de la présence des marchés pour l'animation communale. Ils tentent de les développer à la fois pour leurs propres administrés, mais aussi pour attirer plus de visiteurs dans leurs communes. L'image des marchés est très positive auprès des consommateurs. De ce fait, les professionnels qui se diversifient peuvent réaliser de bons résultats. Les marchés spécialisés qui se tiennent en général le soir ou le week-end se développent.

L'organisation du commerce ambulant en France

Le secteur s'organise autour de trois types d'acteurs.

  • Les commerçants abonnés à un ou plusieurs marchés sont ceux qui en échange du paiement d'une redevance annuelle obtiennent une place réservée. Légalement, ils sont locataires de leur emplacement qui appartient à la commune.
  • Les commerçants non abonnés, règlent un droit de place pour la journée. Ils fréquentent les marchés, mais également d'autres manifestations comme les foires ou les brocantes.
  • Les commerçants dits volants. Pour faire du commerce sur les voies publiques c'est-à-dire sur les routes ou sur des emplacements non réservés les professionnels  doivent demander une autorisation de stationnement. Selon les cas celle-ci s'obtient à la mairie ou à la Préfecture.

 

Nombre d’entreprises du secteur en 2010Chiffre d’affaires du secteur en 2009Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur
(en milliards d’euros) (Indice ICA base 100 en 2000)
Alimentaire sur marché 28 079 Alimentaire sur marché 4,246 Md€ Alimentaire sur marché Non alimentaire sur marché
Non alimentaire sur marché 77 976 Non alimentaire sur marché 1,873 Md€ 2010 113,3 94,5
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010) Total 6,119 Md€ 2009 114,0 93,3
Source : Insee, Esane) 2008 114,3 96,8
2007 112,5 101,3
2006 111,5 106,5
2005 111,2 114,9
2004 109,9 113,6
2003 109,0 107,8
(Source : Insee, Bulletin Statistique)

 

Evolution du nb Créations Défaillances
Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés Commerce de détail non alimentaire sur éventaires et marchés

Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés

Commerce de détail non alimentaire sur éventaires et marchés

2010 5 897 6 921 231 311
2009 6 668 7 048 260 319
2008 3 825 12 615 Nc Nc
2007 4 460 10 992 251 420
2006 2 809 7 446 256 387
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008, Défaillances d'entreprises)

Les contraintes d'exercer sur les marchés

Une déclaration préalable à la préfecture est obligatoire. La préfecture délivre alors une attestation provisoire de marchand ambulant si le professionnel dispose d'un domicile fixe depuis six mois au moins. Ce document est valable un mois.

Muni de son autorisation le professionnel doit s'inscrire à la Chambre des métiers pour les artisans, ou à la Chambre de commerce et d'industrie pour les commerçants.

Une fois immatriculé au registre des métiers de la Chambre des métiers, ou au répertoire des sociétés de la Chambre de commerce, le professionnel obtient sa carte professionnelle, pour l'exercice des activités non sédentaires, à la Préfecture. Ce document doit être visé tous les 2 ans par la préfecture.

Les forains doivent demander à leur mairie de rattachement leur livret spécial de circulation. Ce document doit être visé tous les 5 ans.

La demande de place fixe ou occasionnelle sur les marchés s'effectue à la mairie. Dans le cas de la Ville de Paris, il faut obtenir la carte des marchés de Paris. Le commerce alimentaire est soumis à une déclaration à la direction des services alimentaires de la Préfecture.

Enfin, le professionnel est soumis aux mêmes obligations légales et règlementaires que le commerce de détail.

Le statut des commerçants ambulants

Il n'y a aucune obligation de qualification quelconque pour exercer dans le secteur. Toutefois, le commerce ambulant n'est pas une activité facile. Les contraintes horaires sont importantes, une excellente condition physique est indispensable. Une expérience des marchés, des brocantes ou des puces est vivement conseillée avant de s'installer.

Comme pour la plupart des activités, il sera possible de l'exercer à titre d'entrepreneur individuel ou en créant une société. L'imposition suit le régime des bénéfices industriels et commerciaux. Le professionnel est donc soumis à l'impôt sur les sociétés s'il a créé une société, ou inclut les revenus de son activité dans sa déclaration d'impôts sur les revenus s'il a opté pour l'auto-entreprise. Dans le secteur, la quasi-totalité des professionnels exerce sous la forme d'entreprises individuelles.

Deux taux de TVA s'appliquent. Le taux de 5,5% concerne les produits alimentaires, pour tous les autres ce taux est de 19,6%.

Les caractéristiques

Pour les marchés très demandés, la liste d'attente pour obtenir un emplacement est longue. En moyenne les délais sont de 6 mois. Ce délai est de plusieurs années à Paris et pour les marchés importants de province. Des places à la journée sont plus facilement accessibles. Les investissements notables se limitent au véhicule qui est en général, indispensable pour l'exercice de l'activité.

La gestion

Le commerçant ambulant doit absolument suivre ses recettes quotidiennes. Il doit déterminer chaque jour sa marge brute déduction faite des charges : achats de marchandises, frais de trajet, coût de son emplacement.

Dans le commerce alimentaire, les stocks sont périssables et doivent donc être écoulés très rapidement.

La vente de produits non alimentaires ne connaît pas cette contrainte. Cette activité occasionne moins de frais et les stocks peuvent être conservés.

Le chiffre d'affaires dépend bien entendu du nombre de jours actifs. Les marchés n'étant ouverts que certains jours, il est nécessaire d'avoir des emplacements sur plusieurs marchés pour augmenter le chiffre d'affaires. Ce chiffre est également fonction de la dimension du marché et de sa fréquentation. L'alimentaire permet d'obtenir des performances nettement plus élevées en termes de chiffre d'affaires.

Les charges les plus importantes sont celles induites par le véhicule : frais d'essence, entretien, réparation. Le prix des emplacements est très variable selon les marchés. Les achats sont également un poste important. Ils doivent être très surveillés.

Pour obtenir de bons résultats, la maîtrise des stocks est essentielle. Pour les marchandises périssables, les stocks élevés conduisent à des promotions qui fragilisent la marge. Il est donc préférable de réduire ses commandes au maximum, même si cela contraint à des visites fréquentes aux fournisseurs. Enfin pour garantir la marge, les prix pratiqués doivent tenir compte de tous les frais. Dans ce secteur la trésorerie doit toujours demeurer positive.

Les ratios moyen d'un commerçant ambulant

Les ratios de gestion clefs
Alimentaire Non alimentaire
Chiffre d’affaires moyen 199 K€ 160 K€
Marge brute (en % du CA) 38,72 % 48,61 %
Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 18,93 % 19,38 %
Rotation des stocks (en jours de CA) 0 J 111 J
Crédit clients (en jours de CA) 3 J 9 J
Crédit fournisseurs (en jours de CA) 32 J 43 J
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) - 21 J 28 J
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006)

Le financement d'un commerce ambulant

Dans ce secteur très difficile, ne peuvent réussir que les professionnels qui disposent de plusieurs emplacements fixes sur des marchés très fréquentés.

Ne disposant pas de local, les investissements restent limités. Certains doivent investir dans un véhicule réfrigéré, pour l'alimentaire. Les autres investissements sont limités à des parasols, une balance et/ou caisse enregistreuse.

Pour le véhicule, une LOA ou un crédit bail peut s'avérer intéressante. Pour les petits investissement, le crédit bancaire classique est adéquat.

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