L'animalerie-graineterie bénéficie d'un contexte favorable. Plus de 50% des foyers accueillent des animaux domestiques. La demande est donc très soutenue aussi bien pour l'animalerie que pour l'alimentation et les produits connexes. Ainsi, malgré la situation économique tendue qui affecte les dépenses des ménages, ce secteur reste très porteur. Le secteur comporte deux sous-secteurs très différents aussi bien en termes d'activités que d'organisation mais ces deux segments sont complémentaires. Le premier se rapporte à la vente d'animaux. Il est régi par des dispositions strictes et nécessite des compétences spécifiques. Le deuxième secteur est celui de la vente des aliments et accessoires. Bien que portant sur des produits spécialisés celui-ci ne se distingue pas de la vente de détail généraliste.  Ce segment est dominé par la grande distribution. Une nouvelle tendance se développe avec des rayons alimentation et accessoires pour animaux chez des enseignes spécialisées dans d'autres domaines comme le jardinage ou le bricolage. Cette tendance démontre bien le dynamisme du secteur animalerie-graineterie qui a réalisé un chiffre d'affaires de 3,8 milliards d'euros en 2010.

Le marché des animaleries graineteries en France

Le marché s'organise de plus en plus autour de chaînes spécialisées disposant de plus de surface. Leur offre, plus variée aussi bien en volume qu'en produits, attire plus de clientèle. La disparition des petits indépendants est progressive. Le secteur comporte 4 segments :

  • Les éleveurs qui produisent les animaux et se chargent également de la vente.
  • Les importateurs interviennent pour les animaux étrangers, notamment les animaux exotiques. Ils prennent en charge les formalités douanières et vétérinaires.
  • Les animaleries indépendantes. De petite taille elles se consacrent à la vente aux particuliers. Leur offre est réduite et souvent très spécialisée.
  • Les grandes chaînes spécialisées disposent de surfaces plus grandes. Elles proposent un vaste choix aussi bien en animalerie qu'en alimentation et accessoires.

Nombre d’entreprises du secteur en 2009Chiffre d’affaires du secteur en 2010Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur
(en milliards d’euros) (Indice ICA base 100 en 2000)
1 020 3,8 Md€ TTC Commerce de détail de fleurs, plantes, graines, engrais, animaux de compagnie et aliments pour ces animaux en magasin spécialisé
(Source : Atlas de
la distribution LSA, Promojardin,
Fédération des magasins
de bricolage et de l’aménagement
de la maison et fournisseurs via Petmarket Magazine)
(Source : Prom’animal via Petmarket Magazine) 2010 128,3
2009 129,3
2008 127,9
2007 123,2
2006 121,0
2005 118,2
2004 117,2
2003 115,8
(Source : Insee, Bulletin Statistique)

Les contraintes

Aucune règle spécifique ne concerne la vente d'alimentation et d'accessoires pour animaux. Elle est soumise au droit commun du commerce de détail incluant la sécurité des lieux recevant du public.

En revanche la commercialisation d'animaux vivants est très encadrée. Le certificat de capacité est obligatoire pour toute activité de vente d'animaux. Ce document est délivré par la préfecture. Pour l'obtenir, il faut avoir 3 ans d'expérience professionnelle dans le domaine, ou produire un diplôme spécialisé. Les personnes qui ne rempliraient aucune de ces conditions doivent passer une évaluation officielle, cette procédure dépend de la Direction régionale de l'agriculture. L'établissement doit être agréé par le Ministère de l'Écologie et du Développement durable. Il doit aussi être déclaré aux services vétérinaires de la préfecture. Pour la commercialisation d'animaux non domestiques, il faut demander une autorisation d'ouverture à la préfecture. Un certificat de capacité spécifique pour animaux non domestiques est exigé.

Par la suite le professionnel est tenu d'avoir 2 registres. L'un concerne les entrées et sorties des animaux, l'autre leur suivi vétérinaire. Ces établissements sont soumis à des contrôles par les services vétérinaires. Une attestation de cession doit être remise à tout acheteur d'un animal. Ce document doit être accompagné d'une notice d'information sur cet animal. Les chiens et chats de moins de 8 semaines ne peuvent être vendus.

Le statut des entreprises d'animalerie graineterie

Comme pour la plupart des activités, il sera possible de l'exercer à titre d'entrepreneur individuel ou en créant une société. Dans le 1er cas, l'imposition suit le régime des bénéfices industriels et commerciaux. Il est soumis à l'impôt sur les sociétés s'il a créé une société, ou inclut les revenus de son activité dans sa déclaration d'impôts sur les revenus s'il a opté pour l'auto-entreprise. La plupart des établissements sont exploités sous la forme de société.

La TVA est de 19,6%.

Les caractéristiques de l'exploitation d'une animalerie graineterie

Le professionnel doit avoir un véritable intérêt personnel pour la nature et les animaux. Il doit répondre aux demandes de la clientèle avec empathie. Les créations par des indépendants sont rares et ne concernent que des types de ventes particulières notamment les espèces rares. Il peut également s'agir d'activités connexes comme le toilettage ou la pension. De ce fait, les créations concernent plus les groupes sous enseignes avec notamment le recours à la franchise.

Les investissements se limitent aux aménagements. L'accueil d'animaux vivants implique hygiène et confort. Ces points sont soumis aux contrôles des services vétérinaires.

La gestion d'une animalerie

La vente de produits d'alimentation ou d'accessoires relève du commerce de détail. Sa gestion n'offre pas de spécificité particulière. Pour les animaux vivants, l'essentiel est d'éviter les pertes ou les maladies. Il est donc indispensable de contrôler leur état de santé auprès des éleveurs ou des importateurs. Il faudra les héberger dans de bonnes conditions d'hygiène et de confort pour prévenir les pertes. La gestion des stocks doit être stricte aussi bien en termes d'animaux vivants que du point de vue de l'alimentaire et des produits connexes. Les recettes correspondent aux ventes uniquement.

Dans le cas de la commercialisation des animaux, les fêtes de fin d'années et l'arrivée du printemps dopent traditionnellement le marché. Toutefois, cette activité n'a pas de caractère saisonnier.

Les charges sont constituées par l'achat des animaux vivants et des autres produits. L'entretien des animaux est un autre poste important. Il comprend tous les frais d'hygiène et d'alimentation auxquels s'ajoutent les soins vétérinaires. Pour les établissements importants, les coûts en personnel sont très lourds, alors qu'ils sont particulièrement réduits dans les petites structures où la polyvalence est la règle.

Au final pour obtenir un bon résultat il faudra veiller à un strict contrôle des stocks. La rotation des animaux vivants doit être rapide. Les frais annexes, tels que la nourriture ou les contrôles vétérinaires grèvent le résultat. Compte tenu des coûts du personnel, celui-ci doit être limité et extrêmement polyvalent. À cet égard, l'analyse du chiffre d'affaires par salarié est un indicateur à suivre.

Les besoins en trésorerie au démarrage sont de 2 mois de chiffre d'affaires pour la commercialisation d'animaux vivants. Pour une activité limitée à la vente d'aliments ou d'accessoires, la trésorerie ne devrait pas constituer une difficulté.

Les ratios moyens d'une animalerie graineterie

Les ratios de gestion clefs
Chiffre d’affaires moyen 200 K€
Marge brute (en % du CA) 47,65 %
Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 18,10 %
Rotation des stocks (en jours de CA) 90 J
Crédit clients (en jours de CA) 11 J
Crédit fournisseurs (en jours de CA) 64 J
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) 35 J
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006)

Valorisation du fonds de commerce d'une animalerie

Les professionnels de l'évaluation de fonds de commerce applique un taux sur le chiffre d'affaires annuel des 3 dernières années. Le pourcentage appliqué est compris entre 50 et 90 % du CA moyen annuel. Bien sûr ces critères bansés sur le CA sont à relativiser en fonction de la qualité de l'emplacement, de la rentabilité de l'affaire,...

Le financement d'une animalerie graineterie

L'intérêt pour les animaux domestiques est tel que le marché va continuer de progresser. Les groupements spécialisés ont la faveur du public. Dans ces conditions, l'affiliation à une chaîne est une garantie de succès.

Comme le secteur est en progression, le financement est possible à condition toutefois de posséder de l'apport personnel (minimum 30 %) et d'avoir une expérience significative dans le métier.

Cependant le crédit bancaire ne pourra permettre de financer le stock, il convient donc de prévoir le paiement de ce stock par l'apport.

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